Léa Jacta Est (hématomancie)
Multi-instrumentiste originaire du Vaucluse, Léa Jacta Est est une artiste non conventionnelle qui a cette capacité de faire voyager ses auditeurs à travers des paysages sonores oniriques, teintés de noirceur et de poésie. Son second opus intitulé « hématomancie » nous ouvre les portes d’une cérémonie spirituelle lointaine et ensorcelante, façonnée selon un protocole qui pourrait s’apparenter à un rituel cathartique…
Léa Jacta Est (Hématomancie)
Sur le plan étymologique le terme « Hématomancie » fait référence à une pratique occulte répandue chez les Grecs, les Etrusques ou les Chaldéens de la Mésopotamie antique, qui consiste à sacrifier son propre sang ou celui d’un proche, comme offrande, afin de s’octroyer des pouvoirs de divination.
Sur le plan technique, les compositions de Lea Jacta Est se cristallisent dans les veines d’un mouvement folk expérimental flirtant parfois avec le dark ou le gothique. Le premier titre éponyme de l’album dresse un décor acoustique fidèle à ce que l’on pouvait imaginer… les premiers chuchotements avec des paroles semblant avoir été enregistrées à l’envers, donnent subtilement naissance à un dialecte ancestral et envoûtant. Les instruments judicieusement choisis (orgue, nappes synthétiques, samplers électro-indus, guitare acoustique...) se complètent à merveille tout au long de l’album pour vous faire basculer dans un rêve inachevé... une véritable spirale psychédélique.L’un des instruments électronique de prédilection de Lea Jacta Est, exploité de façon particulièrement originale reste le thérémine (inventé en 1920!) qui accompagne notamment son premier album baptisé « horizons du fantastique » en référence à la revue des années 70 dédiée à l’univers du fantastique mais également au domaine de la science-fiction et du paranormal.
Dans ses textes, l’artiste fait d’ailleurs très souvent référence aux OVNI et aux mystères de l’univers de façon décalée. Fascinée par la mort et les tragédies humaines, Léa nous dévoile des textes profonds et intimistes, dont le sens caché est parfois purement autobiographique. Le visuel dont rien n’est laissé au hasard joue également un rôle essentiel dans l’univers développé.
Le dernier album continue d’étendre son spectre dans un registre érotico-dramatique (titres « salive » , « fleur de punition »...) en expérimentant sans cesse des nouvelles sonorités dont l’âme s’incarne à travers la voix et l’orchestration, dressant devant nous un véritable chemin de perdition.
Ce qui est vraiment appréciable chez Léa Jacta Est, c’est également son audace. Après une reprise complètement revisitée et customisée de la chanson « l’amour à la plage » de Niagara, elle a choisi dans son dernier album de transcender avec brio le titre de Moos « au nom de la rose » sorti en 1999, dont l’histoire met en scène un homme qui demande à sa femme de « posséder » le corps d’autres femmes afin qu’ils puissent poursuivre leurs ébats au-delà de la mort...une conception véritablement gothique du plaisir charnel !
La musique de Léa Jacta Est, doit s’apprivoiser ...cela ne fait aucun doute, mais la magie s’opère avant tout en concert et dans l’intimité, lorsque l’artiste rentre en communion avec son public.
La sortie de « hématomancie » est prévue le 24 juin prochain !