Le roman du jeudi # 10
06 août 2026
La route de Roswell
Connie Willis
Actes Sud – 432 pages – Juin 2026
Francie se rend à Roswell pour le mariage de sa meilleure amie, dans le but de la faire changer d’avis. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, mais elle a vraiment mauvais goût en matière de mecs. C’est en robe de demoiselle d’honneur verte fluo qu’elle va elle-même faire la rencontre d’un drôle de « type », principalement par le fait qu’il n’a rien d’humain. Et la voilà enlevée par un extraterrestre ! S’il y en a qui se marient, d’autres forment de drôles de couples, et Francie va se retrouver associée à un E.T. au look improbable dans l’espoir de l’aider à retrouver… à retrouver quoi, au fait, puisqu’ils semblent ne posséder l’un comme l’autre aucun moyen de se faire comprendre ?
Il y a deux parties dans ce roman. La première, que l’on pourrait intituler « la rencontre », est lente, très bavarde, et manque totalement du ton décalé attendu. Road-trip autour de Roswell en quête de quelque chose que l’on ne comprend pas puisque le dialogue entre les protagonistes est impossible, on voit l’arrivée de nouveaux protagonistes comme un moyen de l’autrice d’ajouter d’autres dialogues et de produire des pages. Sans avancer dans l’intrigue alors que nos lascars roulent presque sans interruption depuis le début de l’histoire...
Puis la seconde partie, heureusement plus intéressante sans pour autant être incroyable, que l’on pourrait appeler « causes et conséquences ». On se recentre alors sur l’histoire, après une pluralité de personnages qui la densifiait un peu trop pour pas grand-chose, et on est effectivement curieux de savoir comment tout ceci va se terminer. Le look de l’extraterrestre et ses réactions le rendent attachant, et c’est finalement le sérieux de la trame narrative qui nous mène jusqu’aux derniers chapitres, et non un quelconque « ton » décalé qui n’a jamais mordu à l’hameçon. Tout ceci donne une histoire sympathique et quelque peu originale, mais pas assez fofolle comme espéré. Il n’en reste pas moins que ce roman est un petit ovni dans son approche du genre très codifié de la science-fiction et de la rencontre avec des êtres venus d’ailleurs.
Grégory Covin