Le roman du jeudi # 7
2 juillet 2026
The Night House
Jo Nesbo
Folio (Poche) – 286 pages – Juin 2026
Avant de chroniquer ce roman, il faut que je vous raconte une petite histoire. Gamin, j’avais découvert Graham Joice avec L’intercepteur de cauchemars – dans la collection Pocket Terreur, dont j’étais grand fan – et avais plutôt bien apprécié son récit au point de chercher et de lire d’autres romans de cet auteur. Des années plus tard, je tombe – mais sans me faire mal – sur La fée des dents, chez Bragelonne. La quatrième de couverture me dit bien quelque chose, mais je suis persuadé de ne pas avoir lu un bouquin de Joice avec un tel titre, alors je l’achète. Parce que j’avais tout de même un sérieux doute, en rentrant, je recherche mon vieux poche de l’époque, le fameux intercepteur de cauchemars, et constate alors qu’il s’agit de la même histoire. Sans doute, avec les années, les droits avaient été rachetés, une nouvelle traduction avait vu le jour et, plus curieusement, un nouveau titre. Je l’avais donc bien déjà lu.
Pourquoi ce préambule ? Parce que The Night House (Folio) n’est rien d’autre que Le téléphone Carnivore (Gallimard) qui se retrouve en poche deux ans après sa première publication. Et là, je trouve qu’il a de l’abus. Excepté perdre le lecteur et lui faire acheter deux fois le même livre, quel intérêt de retraduire le titre ? Vous imaginez si chaque réédition en poche donnait lieu à un nouveau titre ?
Ce détail n’enlève en rien les qualités de ce court récit de terreur mettant en scène un jeune garçon, Richard, qui va assister à la mort de l’un de ses copains de classe, dévoré par le téléphone d’une cabine. Evidemment, personne ne va le croire et vont s’enchainer des situations qui vont aller en empirant. Décomposé en trois temps, Richard va passer du personnage qui subit l’action à celui qui la mène. Tout comme Stephen King a écrit Les yeux du dragon dédié pour les plus jeunes, Jo Nesbo nous propose ici un récit de terreur pour adolescents qui, s’il n’évite pas quelques facilités, présente tout autant quelques scènes originales et bien gores ainsi qu’un personnage central attachant. Bien que les trois parties ne se valent pas et nous conduisent parfois dans un récit qui semble partir dans tous les sens, on ne sait jamais, justement, où l’auteur nous mène. Ce qui rend la lecture particulièrement intrigante. La fin pourra certes être jugée comme facile mais elle a le mérite d’être difficile à anticiper. Un roman que j’ai apprécié relire, même si ce n’était pas l’idée de départ…
Grégory Covin